Observation
Une patiente âgée de 66 ans consultait pour une dermatose vulvaire prurigineuse récidivante évoluant par poussées depuis 9 mois. Un prélèvement mycologique vaginal s’était révélé négatif, tandis que la biopsie vulvaire concluait à une “vulvite inflammatoire irritative”. Elle avait appliqué de multiples topiques sans efficacité. Parmi ses antécédents, on retenait un psoriasis du cuir chevelu, un diabète de type 2 mal équilibré, une incontinence urinaire “légère”, une hypertension artérielle. Elle était ménopausée sans traitement hormonal substitutif. Son traitement associait rosuvastatine/ézétimibe, dapagliflozine, metformine, gliclazide, ramipril et insuline.
L’examen vulvaire, réalisé au moment d’une poussée, montrait un érythème vulvaire diffus, débordant sur la zone périnéo-fessière, ainsi qu’un œdème des petites lèvres (fig. 1). De nouveaux prélèvements mycologiques et bactériologiques étaient réalisés, cette fois sur la vulve et le vagin. Ils mettaient en évidence quelques colonies de Staphylococcus aureus et de Streptococcus agalactiae, ainsi que de rares colonies de Candida glabrata et de Candida albicans/dubliniensis.
Le diagnostic de vulvovaginite candidosique récidivante (VVCR) était retenu. La patiente était traitée avec succès par fluconazole 150 mg, une gélule à renouveler trois fois à 3 jours d’intervalle, puis une gélule par semaine pendant 6 mois, tandis que son traitement par dapaglifozine était maintenu.
La VVCR est définie par 3 à 4 épisodes de candidoses par an, dont un confirmé par un prélèvement mycologique. Moins fréquente que la candidose aiguë, elle concerne néanmoins 6 à 10 % des femmes en âge de procréer ayant présenté un épisode candidosique aigu [1, 2]. Les facteurs favorisants, communs aux formes aiguës et récidivantes, sont la prise d’antibiotiques, la grossesse et le diabète déséquilibré [1, 2].
Tout prurit vulvaire, d’autant plus qu’évoluant depuis plusieurs mois sur un mode intermittent et récidivant, parfois rythmé par les rapports sexuels ou les cycles, doit faire évoquer le diagnostic de VVCR. Les particularités cliniques [3] de cette forme récidivante sont la prédominance des signes cutanés sur les signes muqueux et l’absence quasi-constante de leucorrhées. L’examen clinique met en évidence un érythème vulvo-périnéal d’intensité très variable, dessinant un V à la partie inférieure des grandes lèvres et débordant sur la zone périnéale (fig. 2 et 3). La bordure de l’érythème[...]
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