Prise en charge non pharmaceutique dans les douleurs pelviennes liées à l’endométriose

0

Face à l’hypersensibilisation pelvienne centrale, l’arsenal pharmacologique traditionnel montre ses limites avec parfois la persistance, voire l’aggravation, des douleurs pelviennes malgré l’obtention d’une aménorrhée thérapeutique ou une chirurgie d’exérèse complète. Les thérapeutiques non médicamenteuses ne doivent plus être considérées comme des thérapies de seconde intention ou de simples soins de support “alternatifs”. Elles constituent de véritables outils de neuromodulation et de rééducation neuromusculaire, visant à restaurer les capacités de régulation endogène de la patiente.

Des recommandations avaient été établies en 2017 par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Haute Autorité de santé (HAS) sur le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose [1]. Elles ont été récemment mises à jour par le CNGOF et Convergences PP (Convergences in pelvi-perineal pain ; société savante internationale regroupant les professionnels de santé experts dans le domaine des douleurs pelvi-périnéales) [2].

Rééducation pelvi-périnéale spécialisée

  1. Rationnel scientifique

Dans le cadre de l’hypersensibilisation pelvienne, une attention particulière doit être donnée aux muscles, dont les contractures chroniques peuvent par ailleurs entraîner des situations de conflit nerveux.

Les patientes souffrant de douleurs pelviennes chroniques vont développer en réponse des contractures des muscles du plancher pelvien, réactionnelles à cet influx douloureux permanent, notamment au niveau des muscles élévateurs de l’anus et obturateurs internes.

Ainsi, il a été montré une augmentation significative des dysfonctions articulaires et musculaires au niveau du rachis, du bassin et des membres inférieurs dans cette population. Parmi ces dysfonctions, les syndromes myofasciaux sont les plus fréquents et se manifestent par des douleurs à la palpation des muscles (en particulier muscles élévateurs de l’anus, piriformes, obturateurs internes et psoas) et de leur fascia (“trigger point”), associées à des limitations de relâchement et de contraction [3]. Ils peuvent expliquer la présence de dyspareunies.

L’efficacité des interventions physiques est aujourd’hui étayée par des essais cliniques randomisés montrant que la thérapie manuelle et l’exercice supervisé réduisent durablement les scores de douleur et la dyspareunie, tout en améliorant la qualité de vie et la fonction lombo-pelvienne des patientes, y compris chez celles initialement non répondeuses aux traitements conventionnels [4, 5].

Cette approche est confortée par les données les plus récentes de la littérature : une méta-analyse en réseau positionne désormais la kinésithérapie et l’acupuncture comme les interventions[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos de l’auteur

Hôpital Tenon, PARIS