Hidradénite suppurée

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Observation

Une patiente âgée de 51 ans était suivie depuis 2015 pour une hidradénite suppurée (HS) – ou maladie de Verneuil – vulvaire. Elle présentait en effet de façon récidivante des nodules inflammatoires et des abcès du pubis et des grandes lèvres, responsables de douleurs et d’écoulements purulents au moment des poussées et de cicatrices pigmentées post-inflammatoires (fig. 1). Plus rarement, les nodules et les abcès atteignaient les régions mammaires et axillaires. Ses antécédents principaux étaient une surcharge pondérale, une bipolarité et un tabagisme actif.

De 2015 à 2025, la patiente recevait de multiples cures d’antibiotiques (doxycycline 100 à 200 mg/j au long cours, amoxicilline/acide clavulanique 3 g/j pendant 5 jours au moment des poussées, association rifampicine/clindamycine), de la disulone mal tolérée, et elle refusait un traitement par adalimumab.

Fin 2025, alors que sa dermatose était toujours évolutive malgré un arrêt du tabac et une perte de poids, elle acceptait un traitement par bimékizumab. Une amélioration notable de ses lésions était notée dès les premiers mois de traitement (fig. 2). Sa qualité de vie était transformée. La tolérance du traitement était satisfaisante hormis la survenue de plusieurs épisodes de candidose vulvovaginale.

Commentaires

La prévalence mondiale de l’hidradénite suppurée est estimée à 1 %, avec des disparités géographiques [1]. L’HS débute habituellement chez l’adulte âgé de 20 à 30 ans (22 ans en moyenne), mais parfois aussi plus tardivement autour de 40 ans [1, 2]. Elle est plus fréquente chez la femme avec un sex ratio de 2-3:1, avec là encore des variations selon les pays.

L’HS est une dermatose inflammatoire chronique caractérisée par la survenue de nodules profonds douloureux et parfois érosifs (fig. 3), d’abcès et de tunnels drainants (fistules) (fig. 4) avec écoulements purulents au sein des régions axillaire, inguinale, ano-génitale, sous-mammaire, ou encore sur les fesses [1]. Trois phénotypes ont été identifiés [3] :

  • le phénotype “axillo-mammaire” est le plus fréquent et il prédomine chez les femmes ;
  • le phénotype “folliculaire” concerne plus souvent les hommes ayant des antécédents d’acné sévère, de sinus pilonidal, de tabagisme actif et les lésions, outre régions axillaires, atteignent le dos, le thorax ou les jambes ;
  • le phénotype “glutéal”, enfin, se caractérise par une atteinte des fesses chez des patients moins[...]

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À propos de l’auteur

Cabinet de Dermatologie, Gradignan. Hôpital Saint-André, CHU de Bordeaux.