Cas clinique n° 1
Une patiente de 58 ans vous est adressée pour cette lésion rouge du vestibule antérieur (fig. 1). La patiente est ménopausée depuis l’âge de 50 ans sans traitement hormonal substitutif. Cette lésion a été signalée au cours d’un examen par sa gynécologue alors qu’elle n’avait aucun symptôme. Elle est très angoissée depuis qu’on lui a parlé de cette lésion et l’observe quotidiennement. Elle ressent maintenant une gêne au contact quand elle s’essuie après la miction et a interrompu tout rapport sexuel du fait du stress généré par cette découverte.
Qu’en pensez-vous ?
Quel(s) examen(s) allez-vous proposer ?
Quel traitement peut-on proposer ?
Il s’agit d’une lésion maculeuse rouge brique, bien limitée, assez symétrique, parfaitement souple et non infiltrée, siégeant sur le vestibule antérieur et le méat urétral sur une vulve par ailleurs normale. Il s’agit d’une vulvite de Zoon qui pourra être confirmée par une biopsie. La vulvite de Zoon a été décrite en 1954 par un dermatologue français, le docteur Garnier, comme la version féminine de la balanite de Zoon [1]. Son étiologie est débattue : rôle de la macération ? d’agents infectieux ? capillarite purpurique ? cause auto-immune ? rôle de la carence œstrogénique [2-6] ? L’examen histologique met en évidence un épithélium atrophique surmontant un infiltrat inflammatoire en bande sous-épithéliale contenant de nombreux plasmocytes, des hématies extravasées (fig. 2) et de nombreux sidérophages mieux visualisés à la coloration de Perls (fig. 3) [7-9]. Cette vulvite de Zoon siège uniquement sur le vestibule.
Vous pouvez donc rassurer la patiente. La biopsie permet d’éliminer un diagnostic différentiel tel qu’un lichen plan (fig. 4) ou une lésion de haut grade liée à l’HPV (human papillomavirus) ou HSIL vulvaire (fig. 5). Vous pourrez lui proposer un traitement à base de crèmes œstrogènes en l’absence de contre-indication, d’émollients, de lubrifiants pour les rapports sexuels, et éventuellement d’un gel à base de lidocaïne 2 % si la douleur persistait après réassurance.
Cas clinique n° 2
Une patiente de 60 ans, ménopausée sans traitement hormonal, vous est adressée pour ces lésions rouges vulvaires fixes depuis plusieurs mois. La patiente se plaint d’un prurit, de brûlures au contact responsables de dyspareunie. Elle a parfois observé un mini[...]
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