Que faire en cas d’adénome à prolactine et grossesse ? Surveillance avant, durant et après la grossesse ?

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La grossesse modifie la morphologie et la fonction de l’hypophyse. La taille de la glande augmente et atteint son volume maximal en fin de grossesse et dans les premiers jours suivant l’accouchement, puis diminue progressivement jusqu’à sa taille normale dans les 6 mois suivant l’accouchement. Cette croissance est liée à une hyperplasie des cellules lactotropes qui débute dès le premier mois de grossesse et est due à l’augmentation des concentrations d’œstradiol.

On estime qu’un prolactinome est présent chez une femme sur 500 en âge de procréer [1], et il est fréquemment associé à l’infertilité. Des taux très élevés de prolactine entraînent généralement une aménorrhée, tandis que des hyperprolactinémies plus modérées peuvent provoquer une oligoménorrhée ou une insuffisance lutéale. De plus, même en présence de cycles réguliers, des concentrations anormales de prolactine peuvent perturber les conditions hormonales nécessaires à une implantation embryonnaire adéquate [1]. Il est donc recommandé aux femmes atteintes d’un prolactinome, qui souhaitent une grossesse, de le traiter afin de normaliser les concentrations de prolactine et de rétablir des cycles ovulatoires réguliers. En premier lieu, le traitement consiste en un agoniste dopaminergique [2]. La cabergoline est maintenant le traitement médical de référence, en cas de désir ou non de grossesse, à la dose minimale efficace [2].

Que faire en pré-partum ? Une consultation dédiée

Quand la grossesse est considérée, les femmes chez qui un adénome hypophysaire a été diagnostiqué doivent être conseillées sur leur fertilité et les issues de grossesse possibles, une consultation d’endocrinologie est recommandée [2]. Dans cette situation, une normalisation stricte de la prolactine est indiquée, même en cas d’hyperprolactinémie légère et de cycles apparemment réguliers [3]. Un traitement médical sera proposé en première intention pour les femmes atteintes d’un prolactinome et souhaitant activement une grossesse ; la chirurgie transsphénoïdale peut être envisagée dans certains cas (intolérance ou résistance au traitement). Il faut impérativement poursuivre le traitement en pré-partum pour rétablir ovulation et qualité d’implantation.

Par[...]

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À propos de l’auteur

PH en endocrinologie,
Service du Pr Christin Maitre,
Hôpital Saint-Antoine, PARIS.