Dépistage HPV : forces, limites et perspectives
Le cancer du col de l’utérus est évitable grâce au dépistage et à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV). Le test HPV, plus sensible que la cytologie pour détecter les lésions précancéreuses (CIN2+), est aujourd’hui recommandé comme méthode de dépistage primaire chez les femmes de plus de 30 ans. Négatif, il permet d’espacer les tests à 3-5 ans. Positif, sa spécificité plus faible génère une augmentation des colposcopies et des interventions inutiles, surtout au premier cycle du dépistage. Les modélisations et les données de vie réelle des programmes de dépistage organisés (Pays-Bas, Canada, Australie, Danemark, Angleterre) confirment ses bénéfices en termes de prévention secondaire, tout en soulignant l’importance de stratégies de triage adaptées.
L’autoprélèvement, efficace et bien accepté, élargit l’accès au dépistage, mais nécessite un encadrement rigoureux pour limiter les faux positifs. Chez les femmes vaccinées, le dépistage reste pertinent, mais doit être espacé et adapté au risque résiduel. L’intelligence artificielle (IA) offre une solution prometteuse pour optimiser la colposcopie et réduire le surdiagnostic, notamment dans les contextes à faible expertise. Des outils comme Cervital montrent une précision supérieure à celle des experts, tout en permettant d’éviter des conisations inutiles.
Pour garantir l’efficacité du dépistage HPV, il est essentiel de mettre en place des algorithmes robustes, de former les professionnels, d’informer les patientes, et de suivre les indicateurs clés. L’IA devrait s’imposer comme un outil d’aide à la décision fiable, complémentaire à l’expertise humaine.
